Le thème du congrès de l'an dernier était « Les politiques d'appartenance : conflit, communauté et curriculum ». Le congrès de cette année s'appuie de nouveau sur le thème des conflits, de la communauté et du curriculum, mais sous cette fois un angle différent : celui de la division.
Lors des élections fédérales canadiennes de 2025, le premier ministre Mark Carney a utilisé à plusieurs reprises l’expression « moment charnière », mettant ainsi l'accent sur les principaux enjeux de notre époque. Carney réagissait aux menaces économiques et existentielles inattendues et historiques que représente le président américain Donald Trump pour le Canada, déclarant également que les relations entre les deux pays ne seraient plus jamais les mêmes. La menace Trump n'est qu'une couche supplémentaire de division qui s'ajoute aux défis historiques et contemporains du Canada en matière de gouvernance et de politique. Les efforts en faveur de la reconnaissance des peuples autochtones et de la réconciliation avec eux, d'un multiculturalisme fonctionnel et d'un fédéralisme efficace se poursuivent tandis que la menace extérieure s'intensifie. Partout dans le monde, d'autres États sont aux prises avec des « moments charnières » : le Moyen-Orient, l'Europe de l'Est, l'Asie du Sud et l'Afrique ne sont que quelques-unes des régions confrontées à des conflits majeurs, actuels ou potentiels. Le monde est fragile. Les divisions s'installent. L'étude de ces divisions pourrait avoir un impact sur le changement. Dans quelle mesure ces divisions sont-elles transformatrices ou nouvelles?
Sur les campus des établissements d'enseignement supérieur, la division se manifeste par des défis pédagogiques de plus en plus complexes, les professeurs et les formateurs étant confrontés à l'intelligence artificielle dans l'enseignement et l'apprentissage. Le monde universitaire fait face à son propre « moment charnière », alors que les anciennes façons de penser et d'agir sont bouleversées. La fragilité de nombreux programmes universitaires, en particulier dans les arts et les sciences humaines, contribue à une précarité croissante. En tant que politologues, contribuons-nous à la compréhension des opportunités et des menaces actuelles?